Sylvian Maître Vannier

La vannerie autrement

Article de test

La Pagode
Encore la Pagode
La Tour Eiffel

Sylvian

La découverte en 1969 de deux pièces de vannerie napoléonienne au musée du Compagnonnage de Tours marque un tournant. Il en assure la restauration avec brio, suscitant l’admiration des Compagnons. Puis, il crée La Barque de rêve, tressée selon la même technique fine et délicate que ces pièces anciennes. Ce premier chef-d’œuvre lui vaut d’être reçu Compagnon Vannier des Devoirs Unis. Lauréat de la Fondation de la Vocation en 1970, puis sacré Meilleur Ouvrier de France en 1972, il installe à Tours son atelier-magasin, Tourangeau, la corbeille d’amour, son nom de bâtonnier.

C’est au cours de cette décennie que Sylvian réalise la plupart de ses sculptures emblématiques. Parmi elles : un bâton pour la confrérie Saint-Antoine des vanniers, un temple en osier aujourd’hui exposé au musée de l’Union compagnonnique de Nantes, La Lyre et la Colombe, une Tour Eiffel intégrée aux collections du MUCEM, l’Oiseau de Vie, la Corne d’Abondance Fleurie, ou encore L’Habit de Vannier, inspiré d’une gravure du XVIIe siècle. Il rend également hommage aux compagnons couvreurs avec sa Pagode à flèche torse. Son talent unique attire de prestigieuses institutions : la Comédie-Française, l’Opéra de Paris, le cinéma ou la publicité lui commandent des œuvres sur mesure : mobilier, masques, mannequins… Son rayonnement dépasse les frontières, avec des exportations régulières vers la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre ou encore les États-Unis.

En 1979, après sa rencontre avec Michèle, qui devient sa compagne de vie, Sylvian s’installe en Ardèche dans un ancien hameau aux multiples bâtisses. Ce lieu est un nouveau chapitre : il y ancre son atelier, crée des stages de vannerie et accueille de jeunes ouvriers issus de l’École Nationale de Vannerie, poursuivant ainsi sa vocation profonde de transmission. Certains de ses élèves deviendront à leur tour Meilleurs ouvriers de France.

À partir de 1980, Sylvian initie la collection Ikebana : ce sont plus de deux cents pièces uniques en osier brut, conçues pour sublimer l’art floral, qui le placent au sommet de l’artisanat d’art. Comme une ultime reconnaissance de son parcours, il ouvre son propre musée en Ardèche, où il réunit à la fois ses créations personnelles et les pièces exceptionnelles qu’il a collectées au fil de ses voyages à travers le monde.
Sylvian s’éteint prématurément, à l’âge de 40 ans, au retour d’un voyage intense aux États-Unis. Il laisse derrière lui un héritage artistique sans équivalent, dont l’élan continue de tresser des ponts entre l’art, la mémoire et la matière.

 

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